Georges Brassens a chanté « Les Copains d'abord », chanson mémorable et paroles qui ont touché durablement le jeune homme que je fus. Or, avec le temps (à vrai dire, dès mon adolescence) je me suis fait de nouveaux amis : les mots. Par la lecture puis, rapidement, à travers l'écriture.
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J'aime la musique, mais les mots viendront toujours les premiers - et ils resteront après, longtemps après.
Et j'aime le rythme, mais là encore c'est en premier lieu au creux des mots, des phrases, des vers et des strophes que je le sens naître, le rythme.
Ce sont eux, mots et phrases, mes premiers instruments.
Jules Renard, l'une des plumes les plus musicales que je connaisse, écrivait le 1er décembre 1891, dans son Journal : « Sans la phrase, j'irais me coucher. » Je ne peux que l'approuver, car c'est bien souvent pour mettre au jour la beauté d'une suite de mots qui me résistent que je veille tard et que je me lève à l'aurore…