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L'Auteur

Les mots d'abord

Georges Brassens a chanté « Les Copains d'abord », chanson mémorable et paroles qui ont touché durablement le jeune homme que je fus. Or, avec le temps (à vrai dire, dès mon adolescence) je me suis fait de nouveaux amis : les mots. Par la lecture puis, rapidement, à travers l'écriture.

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J'aime la musique, mais les mots viendront toujours les premiers - et ils resteront après, longtemps après.

Et j'aime le rythme, mais là encore c'est en premier lieu au creux des mots, des phrases, des vers et des strophes que je le sens naître, le rythme.

Ce sont eux, mots et phrases, mes premiers instruments.

Jules Renard, l'une des plumes les plus musicales que je connaisse, écrivait le 1er décembre 1891, dans son Journal : « Sans la phrase, j'irais me coucher. » Je ne peux que l'approuver, car c'est bien souvent pour mettre au jour la beauté d'une suite de mots qui me résistent que je veille tard et que je me lève à l'aurore…

Silhouette de l'auteur en contre-jour face à la mer

Une mer intérieure

J'ai grandi en terres bretonnes, terres qui ne sont jamais très éloignées de l'Océan. Et ma plage idéale est aussi bien une peinture vivante (que je contemple du haut d'un phare, d'une côte sauvage ou des remparts de Saint-Malo) qu'une étendue physique (tantôt d'écumes, tantôt de sable nu) dans laquelle je ne résiste pas de mettre les pieds, les mains et l'imagination.

Puis, ce furent les années parisiennes, où je posai sur les charmes de la grande ville mon regard bretonnant : « Nous ne voyons jamais les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes », disait Anaïs Nin. Des années de formation littéraire, tout en écoutant Brel, Brassens, mais également — importés de ma lointaine Armorique — Alan Stivell et Yann Tiersen.

Aujourd'hui, moins marin que jamais, j'ai posé ma bibliothèque en terres lotoises, loin des rivages, au milieu des causses calcaires où coulent de petits cours d'eau sans sel et trop souvent asséchés. Et pourtant, mes trois premières chansons, je les consacre à la mer — un retour aux sources, une plongée intérieure, allez savoir… ou simplement le besoin d'ancrer ma passion musicale renaissante dans les hauts-fonds tourbillonnants de mon enfance.

La fabrique

Une chanson naît, chez moi, dans la rencontre d'un texte qui pendant longtemps se suffit à lui-même et d'un désir de lui donner physiquement ma propre voix.

C'est ainsi qu'un jour pas si lointain, « La chair ensoleillée » a demandé une voix organique et une mélodie ; elle a cessé d'être seulement lue pour être entendue. Et me voilà tout à coup musicien.

Je le suis alors entièrement : j'imagine la chanson comme un film musical dont je tiens le scénario, la composition et le montage. Je décide de la mélodie, du tempo, des instruments, de la couleur de chaque passage, jusqu'à la dernière note.

Les notes ne sont-elles pas, elles aussi, des mots ? Formant des phrases, des paragraphes et des récits qui restent dans les mémoires ?

Pour ce faire, je m'entoure d'une équipe d'outils d'IA : pour l'exécution instrumentale, la production, parfois le visuel. Je les dirige note à note, intention par intention, et ne lâche rien tant qu'ils n'ont pas rendu exactement ce que j'ai en tête.

Les mots, quant à eux, non seulement sont miens, mais ils sont moi — sans réserve ni retouche.

Mes chansons puisent toutes à la même sève : mes écrits.
Un recueil, Mon propre capitaine, paraîtra fin 2026 (si tout va comme prévu...).
Il est l'arbre aux profondes racines (solidement enraciné dans mon vécu) sur lequel quelques phrases se prolongent en branches musicales et feuillues, sous des couleurs de saison, ou nues au coeur de l'hiver...